Première nuit sacrée : La nuit des mères

par | Déc 20, 2020 | 12 Nuits sacrées, Druidisme vivant | 0 commentaires

Le solstice d’hiver approche à grand pas ; notre bien-aimée Déesse va bientôt mettre au monde l’enfant soleil lors de la plus longue nuit de l’année. En cette veille de solstice, nous célébrons la nuit des mères.

Le calendrier païen familial est presque terminé sur mon site Chant des Fées où cet article est aussi en partie reproduit aujourd’hui, tout comme celui de demain. A partir de la nuit des mères, s’ouvre une période très particulière, la période des 12 nuits sacrées. Selon les traditions, ces nuits commencent à des dates différentes (il suffit de taper « les 12 nuits » sur votre votre moteur de recherches préféré pour vous en rendre compte). Je me calque en partie ici sur la tradition nordique – du moins pour cette première nuit -, bien que cet ensemble de douze article – un par nuit – sera librement inspiré de mon chemin de vie personnel : avalonien, druidique et humaniste principalement…

Quelle que soit la tradition, toutes ces nuits se réfèrent chacune à une qualité, une valeur, formant ainsi une charte éthique nous guidant intérieurement. Autant d’occasions de faire le point sur cette valeur dans notre vie, et d’honorer des divinités qui sont reliées à cette valeur. Ces valeurs n’ont pas forcément une hiérarchie entre elles, sauf à ce que vous estimiez que certaines fondent prioritairement votre être. C’est d’ailleurs un peu ce que j’ai fais.

Ces valeurs, je les ai bien sûr choisies subjectivement, en me basant sur mon étude quotidienne de la vie, de la spiritualité, de la philosophie, mais aussi en fonction de mon propre développement humain, et de mon implication, ici et maintenant, dans la vie. Libre à vous de changer une ou plusieurs valeurs. L’autonomie personnelle est une nécessité.

De fait, ces articles seront plus axés sur le développement intérieur et spirituel de l’adulte ou du jeune adulte, et n’a plus sa place, à mon sens, sur Chant des Fées, d’où le relais sur la Clairière au Pommier. Ces douze nuits seront constitués de petits appels très simples à un retour sur soi, une pause avant de repartir pour une nouvelle année, en conscience. Parfois, ils seront assortis d’un travail manuel et artistique faisant appel à l’Awen, l’inspiration ; parfois il s’agira simplement de s’interroger, de se poser sur des pistes encourageant à la démarche intérieure.

J’ai souhaité que ces articles soient le plus court possible afin de constituer juste un petit rappel de certaines notions, une impulsion vers des pistes de réflexion et de contemplation en ce temps où nous avons aussi tous besoin de prendre du temps pour soi. N’y voyez donc pas un « catalogue » complet.

Le sens de la nuit des mères

Selon la tradition germanique qui m’inspire parfois du fait de ma lignée maternelle, cette nuit est la nuit des mères, celle où nous rendons hommage à nos lignées féminines. Il semblerait par ailleurs qu’il y ait quelques traces de cette célébration chez les Celtes, sous le nom de Modra Necht. Dans l’esprit des Celtes, ce que nous appelons le « jour » commence en fait dans l’obscurité, tout comme la vie prend germe dans la chaude obscurité du ventre maternel. La révérence à la Déesse a parfois été minorée par la « patriarcalisation « de la société qui n’a pas pas épargné les sociétés celtes, notamment avec leur romanisation. De nos jours, notre société française est toujours impactée par un patriarcat étouffant : les femmes demeurent sous-payée par rapport aux hommes ; les violences conjugales sont encore largement mal prises en compte ; les agresseurs sexuels – lorsqu’ils sont traduits en justice, ce qui est fait de manière insuffisante – sont trop légèrement condamnés au regard du traumatisme qu’ils infligent… Conséquences également de ce patriarcat : la violence faites aux enfants est encore difficilement prise en compte par de nombreuses personnes, ainsi que celle infligée aux animaux et à la nature, car, oui, tout cela découle également d’un patriarcat qui ne respecte pas et n’écoute pas le féminin.

Quel que soit notre genre, nous avons tous en nuit une polarité masculine et une polarité féminine. La polarité féminine implique l’écoute du Soi ; elle implique donc une démarche intérieure, basée sur une connaissance de soi, des mécanismes de la psyché et, véritablement, un entraînement à marcher dans les mondes intérieurs, à affronter ses peurs, ses émotions, ses sentiments ; à comprendre comment fonctionne notre monde intérieur, la nécessité existentielle, vitale, de nous mettre au monde nous-même… toute éducation qui demeure largement atrophiée dans notre société chez la plupart des personnes. Depuis quelques années, on accompagne les enfants dans la découverte de leurs émotions, et encore seulement dans certaines familles, seulement dans quelques écoles exceptionnelles… c’est bien, mais insuffisant.

Nous demeurons collectivement dans une logique masculine négative qui fait du mal à tous, quel que soit notre genre : nous n’écoutons pas nos besoins fondamentaux : sommeil, nourriture saine, moments de tranquillité, lien avec la nature, besoin de spiritualité, intégration de nos émotions/sentiments/besoins, etc. Quel que soit notre genre, nous avons tous intégré cette patriarcalisation des moeurs, à notre détriment.

La nuit des mères est l’occasion pour nous de nous aligner sur nos lignées féminines, sur la maternité ou la mise au monde en général, et, dans un sens plus large et accessible à toutes et tous, sur le féminin dans votre vie. Comment vous situez-vous par rapport au féminin ? Quel place lui permettez-vous de prendre ? Accordez-vous du temps à une démarche intérieure ? Est-elle suffisante pour vous permettre d’être heureux et de rayonner dans la société, non pas dans une dimension égoïste, mais pour apporter au monde votre lumière ? Quel besoin fondamental avez-vous laissé de côté ? Quelle(s) émotion(s) avez-vous négligé et avez-vous laissé vous déséquilibrer parce que vous ne l’avez pas prise en compte ?

Prenez le temps de vous poser ; prenez le temps de respirer, dehors, dans un lieu naturel et de laissez monter en vous ce que, d’ordinaire, vous n’écoutez pas. Prévoyez un carnet, pas très épais, pour y retracer votre périple des douze nuits. Un carnet fait maison serait vraiment chouette, mais faites au mieux pour vous. Vous pourrez y retracer  chaque jour toutes les pensées et intuitions qui vous viennent durant ces 12 nuits, ce qui sera très enrichissant. Le miens est un petit carnet que m’avait confectionné une de mes filles.

Travail manuel complémentaire : la poupée de la nuit des mères

En complément, et dans l’esprit de la tradition bardique qui m’est très cher, je vous propose de réaliser ici un objet particulier afin de vous relier à cette énergie : une poupée. Cependant, quel que soit votre horizon spirituel, la création de cette poupée vous est possible, car elle demande surtout une démarche intérieure.

Voilà des années que je réalise des poupées. Les premières que j’ai réalisées étaient des poupées Waldorf. J’ai découvert alors que j’éprouvais énormément de plaisir à créer ces poupées, petites ou grandes, en tissus ou en laine feutrée ; j’ai remarqué alors que ce travail manuel et artistique me faisait toucher des contenus de ma mémoire que je ne sollicitais pas autrement et qu’une résilience s’en suivait.

J’ai ensuite commencé à élargir cette envie de faire des poupées à toutes poupées en tissus, aux poupées en partant d’un morceau de bois, ou d’autres matériaux. C’est tout naturellement que je me suis mise à m’intéresser aux poupées magiques, spirituelles, notamment dans leur aspect thérapeutique. Offrir des poupées est devenu une pratique courante, récurrente et très plaisante pour moi, a fortiori quand elles touchent leur destinataire !

Je me suis réalisée à moi-même quelques poupées ; à chaque fois, cette création m’a permis de me réconcilier avec mon enfant intérieur. J’ai, à côté de mon lit, un endroit où je garde ces créations, ainsi que ma toute première peluche, qui a mon âge et est très abîmée ; malgré cela, son réservoir de tendresse n’est toujours pas épuisé. Et maintenant, la belle poupée Waldorf que je m’étais faite veille sur cette peluche, ainsi que plusieurs autres créations. Celles-ci ont toutes trait à mon enfant intérieur, parce que c’est lui qui nécessitait les soins les plus importants, mais une poupée magique peut porter sur d’autres aspects de votre vie.

En ce qui concerne le matériel, il vous faudra :

  • des tissus,
  • des rubans et des dentelles
  • des fils et des aiguilles
  • des perles éventuellement
  • tout ce que vous avez envie de coudre sur votre poupée et qui vous relie à la mise au monde
  • de la laine de mouton pour rembourrer la poupée
  • un rond de bois pour la stabiliser (si vous n’en avez pas, ça n’est pas grave, vous pouvez quand même faire la poupée, mais elle ne tiendra pas debout ou seulement supportée par quelque chose)

D’un point de vue intérieur, laissez votre mental discourir autant qu’il veut, mais n’achoppez pas sur ce qui passe dans votre tête à moins que cela soit vraiment pertinent avec ce travail artistique. Ressentez les tissus, les textures ; touchez-les, appréciez-les ; laissez vos yeux être charmés ; laissez vos mains vous guider parce qu’elles sont reliées au coeur.

Première étape de la poupée

Coupez un carré de tissus clair pour la peau ; le miens faisait environ 28 cm (mais j’ai pu constater qu’il n’était pas nécessaire de le faire aussi grand). Posez une boule de laine bien tassée au milieu (la mienne n’est pas tassée sur la photo car je n’arrivais pas à prendre la photo sans mes deux mains !).

NB : selon les types de tissus que vous utilisez, vous aurez peut-être besoin de faire des ourlets afin de les empêcher de s’effilocher, sauf à vouloir utiliser l’effilochage comme effet de matière sur la poupée.

Serrez le tissus autour de la tête pour la former et mettre un cordon autour du cou :

Rembourrez le corps de la poupée :

Découpez un grand rectangle de tissus et posez la poupée dessus :

Drapez-la dans le rectangle de carré, un pan puis l’autre :

Avec du fil et une aiguille, coudre le tissus autour du cou :

Toujours en cousant, redescendre vers les « pieds » de la poupée :

Arrivé.e.s en bas, rembourrez encore jusqu’à consistance voulue :

Si vous souhaitez mettre un rond de bois pour que la poupée tienne seule debout, c’est le moment. Sinon fermez le bas de la poupée avec une couture. Si vous souhaitez qu’elle tienne debout, découpez un rond de tissus plus large que le rond de bois :

Après avoir rentré les bords du cercle de tissus dans la poupée, coudre les bords :

Découpez deux rectangles pour les bras, deux petits carrés pour les mains. Garnissez les carrés de laine de mouton :

Faites une sorte de petit bouton, cousu à la base pour former une main ronde :

Cousez les menottes aux bras, fermez la couture en longueur des bras, et cousez ceux-ci sur la poupée :

Découpez un rectangle qui va servir à former un mantelet à la poupée :

Formez le mantelet comme sur la photo ci-dessous et coudre sous le menton avec un petit point :

Découpez un grand rectangle de sorte de pouvoir faire une robe à la poupée :

Faire le tour de la poupée avec le rectangle, coudre à petits points sur le tour de la poupée :

Personnellement, j’ai souhaité lui mettre également un châle sur les épaules :

Pour lui faire un enfançon dans les bras, coupez un carré de tissus :

Avec de la laine cardée, formez une petite boule que vous maintiendrez par un brin de laine ; posez-le sur le carré dont une des pointes est située en haut de la tête de l’enfant et est repliée vers l’intérieur :

Ramenez la pointe droite du tissus vers la gauche ; faites un petit point dans le cou :

Maintenant, ramenez la pointe du bas vers le milieu et coudre à petits points pour maintenir en place :

​Ensuite, ramenez la pointe gauche vers la droite dans un pliage harmonieux et coudre à petits points.  A ce stade, l’enfançon est terminé ; comme j’ai oublié de faire la photo de cette étape, je vous photographie l’enfant alors qu’il est déjà cousu dans les bras de sa mère, en espérant que vous verrez suffisamment :

Pour ma part, comme la maternité et la mise au monde sont beaucoup reliées à la gémellité, j’ai mis deux bébés ! Cela me relie aussi à ces déesses-mères gauloises, ces matronae au symbolisme d’abondance exacerbé qui sont souvent représentées avec deux enfants.

La poupée est terminée !

Retrouvez les 12 nuits sur La Clairière au Pommier :

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  1. Jour 20 : La nuit des mères, première des nuits sacrées - […] vous invite à vous rendre sur mon site La Clairière au Pommier, dès à présent, avec un premier article…

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